| aE-Raptor 50V2
Texte : Patrice ROSIER Photos : Guillaume CONSIGNY/François CHEMARIN
Bienvenue dans l’ère de l’électrique !
Ce
monde en pleine expansion m’était encore bien inconnu il y a peu de
temps et je tenais tout d’abord à remercier Thierry Rose pour ses
conseils, ainsi que Bathma Modélisme pour son aide.
Nombreux
sont les débutants qui s’interrogent pour leur premier achat : vaut-il
mieux acheter un hélicoptère électrique ou un thermique ? Deux
alternatives se présentent alors. Acheter un micro hélico dans la gamme
zoom 400, piccolo, hornet et autres ou encore un hélico de la gamme
éolo, eco8, T-Rex…Ces hélicos attirent par le prix-plutôt celui de la
mécanique-qui est très attractif. C’est ce qui m’a poussé à faire
l’acquisition de mon premier hélicoptère électrique : l’éolo spirit.
Mais utilisant régulièrement des thermiques en 50 et 90, le saut a été
plutôt rude… j’ai rapidement compris ce qui m’aurait convenu le plus
aurait été de rester dans la gamme d’hélico dont je me sers en
thermique et que je connais donc, les « classe 50 » et j’ai commencé à
regarder les kits proposés.
Du côté des USA, certains magasins ont alors commencé à proposer des
kits de conversion électrique pour classe 50, notamment pour Raptor.
Que demander de mieux que d’utiliser un hélicoptère dont le rapport
qualité/prix n’est plus à démontrer…et de l’électrifier ? D’autant plus
que possédant déjà un Raptor 50SE, j’avais déjà une bonne idée de la
machine et pour les pièces détachées cela s’annonçait bien! Très
pratique…Je me suis donc lancé dans l’aventure !
Importé des USA
Un fabricant américain (www.tppacks.com)
a lancé en vente la fameuse « Raptor Box » et a mis en ligne une
première vidéo de ce qui était alors plus un prototype et les
instructions de montage, en préconisant moteurs, ESC (contrôleur),
pignon et batteries adéquates (en LiPo bien sûr). Une fois tous les
éléments rassemblés (excepté la batterie) le montage a débuté. Tout est
très bien expliqué grâce à une documentation disponible en ligne mais
en anglais évidemment. Malheureusement pour moi, 2 jours après avoir
reçu tout l’équipement, le fabricant a mis en vente une deuxième
version du kit de conversion, la « V2 box » que je me suis ensuite
procurée. Cela m’a finalement permis de connaître les 2 versions et de
voir les différences entre elles.
Les 2 versions
La première version du kit de conversion est constituée d’un bâti
cubique, de deux roulements à bille, d’un axe, d’un jeu d’engrenages
héloïdaux à 90°, d’une bague et d’un pignon de 10 dents (lorsque l’on a
pas oublié de le commander en plus avec, ouf j’y ai pensé !). Dans
l’ordre en partant du moteur, on a donc le pignon moteur hélicoïdal, le
pignon hélicoïdal de transmission renvoyé à 90°, un pignon 10 dents qui
vient entraîner la couronne du raptor. Dans le montage, on a donc
supprimé plusieurs éléments du kit d’origine du Raptor à savoir le bâti
moteur, réservoir et nourrice bien sûr, l’ensemble embrayage/cloche et
un axe du kit remplace celui qui est solidaire à la cloche d’embrayage
du Raptor. Cependant cet axe est de diamètre inférieur et nécessite le
remplacement de 2 roulements du levier de pas (ces roulements sont
contenus dans le kit).
Cette version est optimisée par l’utilisation d’accus 8S3P 6000 mAh.
Cette version peut, je pense, encore se trouver mais est devenue
obsolète car elle ne convient plus avec la nouvelle génération de LiPo
(les « Pro Lites ») et les découpes du nouveau bâti sont mieux pensées
(l’accès est plus facile).
La
deuxième version, la « V2 box », exploite quandà elle plus les éléments
d’origine du Raptor puisque les roulements d’origine du levier de pas
sont conservés, et le pignon d’entraînement de la couronne est conservé
lui aussi. En effet, on utilise un arbre de diamètre identique à celui
d’origine sur lequel une pièce est serrée et reçoit le pignon qui se
visse dans cette pièce au lieu de se visser dans la cloche d’embrayage
d’origine. En revanche attention : la toute dernière version, la « V2
box » avec la dernière génération de Lipo « Pro Lites» requiert
l’ensemble de réduction du Raptor 30, c’est à dire pignon 9 dents et
couronne 86 dents, tout en gardant les pales en 600mm. En se référant
au prix de ces pièces d’origine à changer-soit un ensemble de réduction
soit une paire de pales-électrifier un kit de raptor 30 ou de raptor 50
revient à peu près au même…
Configuration requise
Le
vendeur propose plusieurs alternatives. Depuis peu, il propose même des
ensembles moteur/accus pour obtenir une version qui se rapproche plus
du Raptor 30. Le prix est sensiblement le même, la différence est
due aux accus 8S2P au lieu de 10S2P. L’intérêt semble donc limité…
Reste donc à choisir entre Hacker et NeuMotor pour les brushless,
Hacker, NeuMotor et Schulze pour les ESC. Pour les accus pas beaucoup
de solutions : www.tppacks.com.
J’ai opté pour la configuration suivante : moteur Hacker C50-15XL, ESC
Hacker Master 77 O Heli, Accus LiPo 10S2P TP 4000mAh Pro Lites.
Attention : ces accus « énormes » demandent un chargeur ainsi qu’une
alimentation stabilisée tout aussi « énormes » . Quelques chargeurs
seulement sur le marché sont capables de les charger mais le Schulze
ISL6-330 que j’ai adopté semble être un des meilleurs compromis (prix,
possibilités, mise à jour…). Pour charger chez soit il faut aussi
prendre en compte que seule une alim stabilisée débitant un gros
ampérage peut le faire : c’est une vraie usine à gaz.
A rappeler que les accus utilisés ici présentent un danger qu’il faut
prendre en considération. Des clichés de dégâts causés par les Lipo
sont facilement trouvables sur internet, donc un seul mot d’ordre :
surveiller systématiquement la charge.
Montage du kit V2
Le
montage du kit se fait sans problème particulier grâce à la doc à
télécharger qui est agrémentée de photos. Des méplats sont à faire sur
tous les axes là où des pignons sont montés et ils sont indispensables
(sur l’axe fournit avec le kit : 2 voire 3 pour la bague, sur le
brushless). Par contre, un bon serrage est nécessaire mais
l’utilisation de frein filet est risquée. Je n’en ai pas mis car ma
première tentative de déserrage pour démontage s’est terminée par une
découpe de l’arbre du kit après avoir tout essayé...Le moteur se monte
sans problème et il reste trouver la place du contrôleur. Le vendeur a
monté le sien avec des colliers directement sur le moteur. Après
essais, ayant constaté que l’ESC ne chauffait pas spécialement, j’ai
préféré monter celui-ci dans de la mousse à part sur le flanc droit.
Les modifications complémentaires
Certaines
modifications doivent être faites notamment sur le chassis. En effet,
le pack de 816g est volumineux et il doit passer entre le châssis et
les patins. Pour cela il faut meuler l’avant du châssis, juste sous la
cabane. J’ai laissé un arrondi contrairement aux photos transmises par
le vendeur, car les angles sont des points sensibles : en gros c’est le
premier endroit qui « prendra »en cas de pépin…L’accu passe en force,
ce qui arrange bien pour caler l’accu mais il y a un risque de
l’abîmerà chaque fois surtout qu’il vaut mieux éviter de stocker les
accus sur les modèles, a fortiori lors des charges. J’ai légèrement
poncé l’intérieur des flancs là où l’accu bloquait un peu, j’ai enlevé
la plaque de renfort carbone et j’ai mis des rondelles entre le châssis
et les patins. De même, il faut donc faire attention à vérifier le
centrage à chaque fois que l’on remet l’accu. La position de l’accu,
compte tenu du centrage à effectuer, est cependant un peu ennuyeuse
(pour info j’ai mis l’option avec le servo d’anticouple). L’accu
dépasse à l’avant et empêche la fixation de la bulle par la petite
patte inférieure sur les patins…Il faut donc être un peu inventif pour
trouver un moyen de la fixer à l’avant ou faire l’acquisition de la
bulle fibre qui a une forme un peu différente. J’ai découpé légèrement
la bulle d’origine à l’endroit où se fixe la petite patte et l’accu qui
dépasse bloque la bulle. Cela suffit à la maintenir correctement avec
les 2 fixations arrières, même en voltige.
De la puissance à revendre
Premier
vol, première appréhension. Il faut y aller vraiment doucement aux gaz,
au risque de replier les pales au démarrage et de venir taper la poutre
de queue :il y a du couple là dedans ! Mais surtout, il faut garder à
l’esprit que contrairement à son « homologue » thermique, il n’y a pas
d’embrayage donc tout la puissance est transmise en direct...d’ailleurs
je pense que la couronne principale est à surveiller car au bout de 2
vols en voltige, une petite poussière blanche a attiré mon attention :
le pignon ne fait pas de cadeau à la couronne. Cette absence
d’embrayage fait que le raptor électrique est plus à l’aise en vol
dynamique qu’en vol statique car l’anticouple a tendance à « partir »
assez facilement vu le couple du brushless...ce problème est cependant
résolu en utilisant le mode régulateur de régime de l’ESC : il faut
programmer une droite horizontale en courbe de gaz.
En vol
Première
appréhension mais que de satisfaction…Une fois le gyro et le contrôleur
initialisés (à réaliser avec soin), première mise de gaz progressive…le
bruit de moteur électrique est plus agréable qu’en thermique et le
décollage est aisé. La pesée du modèle a confirmé ma première
impression : c’est un peu plus lourd qu’un thermique, l’e-raptor
avoisine les 4kg. Mais le vol « dynamique » va rapidement prouver que,
malgré un poids plus important que son homologue thermique, les
possibilités d’évolution du raptor électrique n’en sont pas plus
réduites, bien au contraire...justement car comme décrit précédemment,
la puissance est au rendez-vous. En stationnaire, le comportement est
semblable au thermique. Passage en idle up, premières translations :
que c’est agréable…les translations se font en souplesse et la vitesse
de pointe est impressionnante. Boucles, tonneaux, vol dos, flips…tout
passe en douceur aussi bien que plus vigoureusement en passant aux
débattements « agressifs ». Le bilan est vite établi : en 3D comme en
voltige classique, on peut dire qu’il n’a rien à envier au raptor
thermique !
Conclusion
Cette
conversion du Raptor est une bonne solution pour ceux qui veulent faire
voler un classe 50 en électrique mais dommage que l’investissement
nécessaire soit si important. Cependant pour tous ceux qui sont
intéressés pour monter cette machine, sachez que vous ne serez pas déçu
du résultat, ça vaut vraiment la peine. Si le monde de l’électrique
ne vous est pas familier, il est impératif de vous faire aider. Cela
pourra vous éviter une perte d’argent inutile (je parle notamment de la
destruction des accus) ou pire, un accident domestique.
En revanche, quel bonheur de pouvoir poser son hélico partout sans
avoir peur de tacher la moquette ou…enfin c’est propre.
Quant aux possibilités d’évolutions elles sont au moins aussi larges
qu’en thermique mais en silence...ou presque ! Preuves à l’appui : les
vidéos d’Alan Szabo sur le site de Tppacks.
Notes :
LiPo10S2P : Tous les éléments Lipo de 3,7V/4000mAh sont d’abord
assemblés en parallèle puis sont reliés en série pour donner au final
un pack de 37V et 8000mAh…ce qui est assez énorme !!! Chargé à bloc le
pack affiche 42volts. Le pack est livré avec 2 prises informatique à 6
sorties chacune servant à l’équilibrage des éléments même si, d’après
le fabricant, ces accus semblent rester naturellement équilibrés. Le
tout est à charger en 10 éléments.
Pro Lites : nouvelle génération de LiPo à 10-12C de courant de
restitution et qui tolère jusqu’à 20C avant détérioration. L’autonomie
avec ces accus est supérieure à 10min en voltige et on peut arriver à
près de 20min en volant tranquillement.
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